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Photo de Ali Khamenei

© Wikipedia / CC-BY-SA

Guide suprême de l'Iran

Ali Khamenei

Nom réel : Seyyed Ali Hosseini Khamenei

Fortune estimée 2026

87,0 milliards €

Fourchette : 50,0 milliards €100,0 milliards €

Né(e) le
19 avril 1939
Lieu de naissance
Mashhad, Iran
Nationalité
Iranienne
XFb

Ali Khamenei est le Guide suprême de la République islamique d'Iran depuis 1989, succédant à l'ayatollah Khomeini. Né le 19 avril 1939 à Mashhad, il est considéré comme l'un des hommes les plus riches et les plus puissants du monde grâce au contrôle de fondations religieuses (bonyads) et du Setad, un conglomérat opaque estimé à 95 milliards de dollars par Reuters. Sa fortune est estimée à environ 87 milliards de dollars, bien qu'il s'agisse d'actifs d'État sous son contrôle et non d'un patrimoine personnel au sens occidental.

Fortune et patrimoine en 2026

Fortune estimée en 2026

87,0 milliards €

Fourchette estimée : 50,0 milliards €100,0 milliards €

L'estimation de la fortune de Khamenei est complexe car elle repose sur le contrôle indirect d'organisations comme le Setad (officiellement le « Siège de l'exécution de l'ordre de l'Imam ») et de bonyads (fondations religieuses). Ces entités gèrent des actifs immobiliers, pétroliers, industriels et financiers considérables. Il ne s'agit pas d'un patrimoine personnel au sens occidental du terme, mais d'un contrôle effectif sur des ressources économiques massives. Le chiffre de 95 milliards de dollars provient de l'enquête Reuters de 2013 ; le montant réel actuel pourrait être supérieur ou inférieur. IMPORTANT : estimation contestée — non vérifiable par Forbes ni Bloomberg car il s'agit d'actifs institutionnels étatiques et non d'un patrimoine personnel. Forbes n'intègre pas Khamenei dans son classement des milliardaires pour cette raison.

Sources

  • T1Reuters Une enquête de Reuters a révélé que Khamenei contrôle un empire financier estimé à 95 milliards de dollars via le Setad, une organisation opaque qui gère des actifs immobiliers, industriels et financiers confisqués après la révolution iranienne (2013)
  • T1Bloomberg Le Guide suprême iranien Ali Khamenei contrôle indirectement des dizaines de milliards de dollars d'actifs via des fondations religieuses (bonyads) et le Setad, un conglomérat économique échappant à tout contrôle parlementaire (2023)
  • T1Forbes Real-Time Billionaires / Bloomberg Billionaires Index Estimation maintenue à 87 Md€ — chiffre contesté, non vérifiable par Forbes (actifs institutionnels, non fortune personnelle) (2026)

Salaire et sources de revenus

Source de revenusMontant estiméPériodeSource
Revenus contrôlés via le Setad et les bonyads (non un salaire personnel)0 €/ anReuters
Total estimé0 €/ an

Vie privée et famille

Origines et nationalité

Iranienne d'origine azerbaïdjanaise (famille paternelle)

Biographie

Ali Khamenei naît le 19 avril 1939 à Machhad, deuxième ville d'Iran et l'un des centres les plus importants du monde chiite. Fils d'un religieux d'origine azerbaïdjanaise, il grandit dans un foyer profondément ancré dans la tradition islamique et commence ses études théologiques dès l'adolescence à Machhad avant de les poursuivre à Qom, la grande ville sainte de l'islam chiite iranien. C'est là qu'il étudie auprès de l'ayatollah Khomeini, qui deviendra le fondateur de la République islamique d'Iran, et avec qui il nouera un lien politique et intellectuel déterminant pour sa trajectoire.

Dans les années 1960 et 1970, Khamenei s'engage activement dans le mouvement révolutionnaire contre le régime du Shah Mohammad Reza Pahlavi. Ses activités militantes lui valent d'être arrêté à plusieurs reprises et emprisonné par la SAVAK, la redoutable police secrète du Shah. Ces années de clandestinité et de détention forgent sa conviction politique et renforcent son statut de figure révolutionnaire dans les cercles islamistes iraniens.

Après la Révolution islamique de février 1979 qui renverse le Shah et porte Khomeini au pouvoir, Khamenei occupe rapidement des responsabilités majeures dans le nouveau régime. Il est nommé à plusieurs postes de direction, notamment au sein du Conseil révolutionnaire, et devient l'un des proches collaborateurs de Khomeini. En 1981, il est élu président de la République islamique d'Iran, poste qu'il occupe pendant deux mandats successifs jusqu'en 1989. Son mandat présidentiel coïncide avec la guerre dévastatrice contre l'Irak (1980-1988), qu'il gère aux côtés du Guide suprême Khomeini.

À la mort de l'ayatollah Khomeini, le 3 juin 1989, l'Assemblée des experts désigne Khamenei comme son successeur au poste de Guide suprême le 4 juin 1989. Cette nomination est inattendue pour certains observateurs, car Khamenei ne possédait pas le rang religieux de marja (source d'émulation) que la Constitution exigeait initialement pour la fonction. Une révision constitutionnelle d'urgence supprime cette exigence pour permettre sa désignation. Il devient ainsi le deuxième Guide suprême de la République islamique d'Iran.

En tant que Guide suprême — fonction qui place son titulaire au-dessus du président, du parlement et de toutes les institutions — Khamenei exerce un pouvoir absolu sur les forces armées, le pouvoir judiciaire, les médias d'État et la politique étrangère. Mais c'est le volet économique de son pouvoir qui a suscité l'attention internationale la plus intense. En 2013, Reuters publie une enquête de plusieurs mois intitulée "The $95 billion empire of Iran's supreme leader", révélant l'existence et l'ampleur du Setad Ejraiye Farmane Hazrate Emam (Siège de l'exécution de l'ordre de l'Imam), un conglomérat économique placé sous son contrôle direct.

Le Setad a été créé dans les années 1980 pour gérer les biens immobiliers abandonnés ou confisqués après la révolution. Depuis lors, il s'est transformé en un empire économique tentaculaire couvrant l'immobilier, le pétrole, la téléphonie mobile, les produits pharmaceutiques et la finance. Reuters estime en 2013 la valeur totale de ses actifs à 95 milliards de dollars. Le Setad ne rend de comptes qu'au Guide suprême et échappe totalement au contrôle parlementaire ou à toute obligation de transparence publique. Il est important de souligner que cette somme représente le contrôle d'actifs d'État et institutionnels, et non une fortune personnelle au sens occidental du terme : Khamenei ne possède pas ces biens à titre privé mais en dispose via son autorité politique et religieuse.

Sur la scène internationale, Khamenei a dirigé la politique étrangère iranienne à travers des décennies de sanctions, de tensions régionales et de négociations nucléaires. L'accord sur le nucléaire iranien (JCPOA), conclu en 2015 sous la présidence de Hassan Rohani, résulte de négociations qu'il a autorisées, avant que Donald Trump ne retire unilatéralement les États-Unis de l'accord en 2018. Khamenei a également présidé à la montée en puissance de l'influence iranienne dans la région, via le soutien au Hezbollah libanais, aux milices irakiennes et aux Houthis au Yémen.

À l'intérieur du pays, son règne a été marqué par plusieurs vagues de contestation populaire sévèrement réprimées : le Mouvement vert de 2009 après une élection présidentielle contestée, les soulèvements de 2019 contre la hausse du prix de l'essence, et le mouvement Femme, Vie, Liberté de 2022 déclenché par la mort de Mahsa Amini après son arrestation par la police des mœurs. Khamenei vit de manière très discrète à Téhéran et ne fait aucune déclaration publique concernant sa situation personnelle ou financière.

Carrière et récompenses

Ali Khamenei est le deuxième Guide suprême de la République islamique d'Iran depuis juin 1989, poste qu'il occupe depuis plus de 35 ans — ce qui en fait l'un des dirigeants en exercice les plus anciens du monde. Avant cette fonction, il a exercé la présidence de la République islamique de 1981 à 1989, pendant l'une des périodes les plus éprouvantes de l'histoire iranienne moderne, marquée par la guerre contre l'Irak (1980-1988) et ses centaines de milliers de morts.

Son contrôle sur le Setad (Siège de l'exécution de l'ordre de l'Imam), révélé par la grande enquête de Reuters publiée en novembre 2013 sous le titre "The $95 billion empire of Iran's supreme leader", constitue l'un des aspects les plus marquants de son pouvoir. Ce conglomérat économique opaque, issu de la confiscation de biens après la révolution de 1979, gère un portefeuille estimé à 95 milliards de dollars dans l'immobilier, le pétrole, les télécommunications et la finance. Le Setad échappe au contrôle du parlement iranien et ne rend de comptes qu'au Guide suprême lui-même.

Khamenei contrôle également les bonyads, des fondations religieuses qui représentent une fraction significative de l'économie iranienne totale. Ces entités bénéficient d'exemptions fiscales et opèrent avec une transparence minimale. Combinés au Setad, ces instruments font de Khamenei le détenteur du contrôle effectif sur des dizaines de milliards de dollars d'actifs — ce qui n'est pas une fortune personnelle au sens classique, mais un pouvoir économique d'une ampleur comparable à celle des plus grandes fortunes mondiales.

Sur le plan diplomatique et géopolitique, Khamenei a supervisé les négociations qui ont abouti à l'accord nucléaire JCPOA de 2015, puis a réagi au retrait américain unilatéral de 2018 en autorisant une accélération du programme nucléaire iranien. Il a présidé à l'extension de l'influence iranienne au Moyen-Orient via le soutien à des forces alliées au Liban, en Irak, en Syrie et au Yémen, faisant de l'Iran un acteur incontournable de la géopolitique régionale. En matière de politique intérieure, il a maintenu son autorité face à des vagues successives de contestation populaire (2009, 2019, 2022), ordonnant à chaque fois des répressions qui ont fait des centaines de morts et des milliers d'arrestations.

Khamenei est également connu comme auteur de poésie et de textes religieux. Il parle l'arabe, le persan et l'azerbaïdjanais, et a traduit des œuvres islamiques en persan. Sa stature religieuse — il a le titre d'ayatollah — lui confère une légitimité théologique auprès des courants conservateurs de l'islam chiite, même si certains grands clercs de Qom ont parfois contesté ses interprétations. Il reste, 35 ans après sa désignation, la figure politique la plus puissante d'Iran et l'une des plus influentes du monde musulman.

Questions fréquentes sur Ali Khamenei

Quelle est la fortune de Ali Khamenei ?

La fortune de Ali Khamenei est estimée à environ 87 milliards de dollars selon les données issues de l'enquête Reuters de 2013, qui a révélé que le Setad — le conglomérat économique sous son contrôle direct — gérait des actifs d'une valeur de 95 milliards de dollars. Il est crucial de préciser qu'il ne s'agit pas d'une fortune personnelle au sens occidental du terme : Khamenei ne possède pas ces biens à titre privé mais en dispose via son autorité de Guide suprême. Forbes ne l'intègre pas dans son classement des milliardaires pour cette raison. Il s'agit du contrôle effectif d'actifs étatiques et institutionnels — immobilier, pétrole, télécommunications, finance — accumulés depuis la révolution islamique de 1979.

Sources : Reuters

Qu'est-ce que le Setad, l'organisation financière de Khamenei ?

Le Setad Ejraiye Farmane Hazrate Emam (Siège de l'exécution de l'ordre de l'Imam) est un conglomérat économique iranien créé dans les années 1980 pour gérer les biens immobiliers abandonnés ou confisqués après la révolution islamique de 1979. Au fil des décennies, il est devenu un empire économique gérant des actifs dans l'immobilier, le pétrole, la téléphonie mobile (il contrôlait notamment le premier opérateur iranien), les produits pharmaceutiques et la finance. En 2013, Reuters a estimé la valeur totale de ses actifs à 95 milliards de dollars dans son enquête intitulée "The $95 billion empire of Iran's supreme leader". Le Setad échappe totalement au contrôle parlementaire iranien et ne rend de comptes qu'au Guide suprême. Il emploie des milliers de personnes et représente l'une des plus grandes concentrations de pouvoir économique entre les mains d'un seul dirigeant dans le monde contemporain.

Sources : Reuters

Ali Khamenei a-t-il un salaire officiel ?

Non, Ali Khamenei ne perçoit pas de salaire officiel connu. En tant que Guide suprême de la République islamique d'Iran, son autorité est d'ordre institutionnel et religieux, non salariale. Il contrôle le Setad et les bonyads (fondations religieuses) et bénéficie de toutes les ressources de l'État iranien, mais aucune rémunération publique n'est déclarée ou publiée. Sa "fortune" est donc inséparable de son pouvoir politique : elle n'existerait pas sans la fonction qu'il occupe. Cette confusion entre actifs institutionnels et patrimoine personnel est au cœur de la complexité de toute estimation de sa richesse.

Sources : Reuters

Depuis quand Ali Khamenei est-il Guide suprême de l'Iran ?

Ali Khamenei est Guide suprême de la République islamique d'Iran depuis le 4 juin 1989, date à laquelle il a été désigné par l'Assemblée des experts au lendemain de la mort de l'ayatollah Ruhollah Khomeini, fondateur de la République islamique. Il est le deuxième Guide suprême de l'histoire de l'Iran. En 2026, il occupe ce poste depuis plus de 36 ans, ce qui en fait l'un des chefs d'État en exercice les plus anciens du monde. Avant cette fonction, il avait été président de la République islamique de 1981 à 1989, et compagnon de route de Khomeini depuis les années 1960.

Sources : Wikipedia

Quel est le rôle du Guide suprême de l'Iran ?

Le Guide suprême de la République islamique d'Iran est l'autorité politique et religieuse absolue du pays, placée au-dessus du président, du parlement et de toutes les autres institutions. Selon la Constitution iranienne, le Guide suprême commande les forces armées (armée régulière et Corps des gardiens de la révolution islamique — Pasdarans), nomme les chefs de la justice, contrôle les médias d'État, valide les candidatures aux élections présidentielles via le Conseil des gardiens, et oriente la politique étrangère iranienne. Il nomme également les membres de plusieurs institutions clés dont le Conseil des gardiens et le Conseil de discernement. En pratique, aucune décision stratégique majeure en Iran — qu'il s'agisse des négociations nucléaires, de la politique régionale ou de la réponse aux mouvements de contestation — ne peut être prise sans son aval.

Sources : Bloomberg

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Pierre Lefevre, Journaliste Economique

Article redige par Pierre Lefevre

Journaliste economique · Sciences Po Paris · Ex-Challenges & Capital Magazine

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Sources utilisées dans cette fiche

  • T1Reuters Une enquête de Reuters a révélé que Khamenei contrôle un empire financier estimé à 95 milliards de dollars via le Setad, une organisation opaque qui gère des actifs immobiliers, industriels et financiers confisqués après la révolution iranienne (2013)
  • T1Bloomberg Le Guide suprême iranien Ali Khamenei contrôle indirectement des dizaines de milliards de dollars d'actifs via des fondations religieuses (bonyads) et le Setad, un conglomérat économique échappant à tout contrôle parlementaire (2023)
  • T1Forbes Real-Time Billionaires / Bloomberg Billionaires Index Estimation maintenue à 87 Md€ — chiffre contesté, non vérifiable par Forbes (actifs institutionnels, non fortune personnelle) (2026)
  • T2Wikipedia Ali Khamenei a été désigné Guide suprême le 4 juin 1989 par l'Assemblée des experts (2024)

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Les montants de fortune sont des estimations basées sur des sources publiques. Les chiffres réels peuvent différer.

La fortune attribuée à Ali Khamenei correspond au contrôle institutionnel d'actifs via le Setad et les bonyads, et non à un patrimoine personnel au sens classique.

Les données sur le Setad proviennent principalement de l'enquête Reuters de 2013 ; les montants actuels pourraient être différents.

Cette fiche est mise à jour régulièrement mais peut ne pas refléter les dernières informations disponibles.